L'Abbé Pierre Davignon

Retour....


  L'abbé Pierre Davignon est né en 1912. Il fut ordonné prêtre par le cardinal Van Roey le 15 juin 1935. Selon ses termes, « ... il célébra pour la première fois la sainte messe, le sacrifice du corps et du sang du Christ, le sacrement de l'unité, le grand témoignage de l'amour du Christ » et il ajouta: « Servir pour que la vie de Jésus se trouve manifestée en notre corps mortel ».

Nommé vicaire à la paroisse de Saint-Gilles, il s'occupa beaucoup des moins favorisés.  Une dame qui veillait sur le peu qui lui restait rapporta cette anecdote: « Son armoire était toujours vide. J'ai dû lui prendre la clef. Il donnait ses chemises, ses pyjamas même pour ensevelir des morts. Sa meilleure gabardine, sa seule d'hiver, a été sur le dos d'un pauvre dont il ne connaissait même pas le nom mais qui avait froid ». La guerre accentuera ce dénuement. Le terrible hiver de 1941  nécessitera la distribution d'une soupe populaire dans la paroisse de Saint-Gilles à laquelle l'abbé Davignon se dévoue pour servir chaque jour un repas chaud aux pauvres du quartier.

Il était aumonier des louveteaux de la 22ème ainsi que du clan de la Flamme.

Le vendredi 3 septembre 1943 alors même qu'il vient de distribuer la Communion aux fidèles, des policiers allemands l'arrêtent. Aujourd'hui encore Mgr Grimmonprez, l'enfant de choeur ce jour là, se souvient que la scène s'est passée sous ses yeux.  

L'abbé est envoyé à la prison militaire de Gand où une de ses cousines dira: « J'ai pu l'apercevoir à l'heure de la promenade des détenus ». Ce sera hélas pour la dernière fois. A la fin de la guerre, le docteur Quarré, compagnon de captivité témoignera: «  La dernière confession que j'ai faite date du 1er févier, à l'abbé Pierre Davignon, dans le rang, au cours d'un appel au camp de concentration de Gross-Rosen ». Peu après, le 10 février 1945, le docteur recevra le dernier souffle de l'abbé.

On sait pourquoi l'Abbé Davignon fut arrêté. Quelqu'un aurait dissimulé un émetteur à ondes courtes dans le clocher de l'église et notre Abbé en tant que responsable avait les clefs permettant l'accès au clocher. Or la gestapo circulait régulièrement dans les rues avec un véhicule muni d'une antenne goniométrique. Serait-ce aussi par une dénonciation? personne ne le sait. Tout ce que l'on sait, c 'est que le responsable de l'émetteur avait pu prendre la fuite ce jour là avant l'arrestation de notre Abbé. Comme quoi, si le GSM n'existait pas encore à l'époque; le tamtam fonctionnait bien.
On peut ainsi supposer que son arrestation est liée à ce fait.

Henri Davignon, le père de l'abbé, dira dans ses souvenirs; « Un an après, au premier anniversaire de sa mort, les paroissiens de Saint-Gilles à l'initiative du doyen ont érigé un mémorial en cuivre repoussé sur la colonne de la nef de l'église du coté de l'évangile, à proximité du confessionnal vers lequel il marcha quand les policiers ennemis l'arrêtèrent. Il est représenté de dos, agenouillé devant le rayonnement du Dieu invisible et omniprésent. J'aime à y venir faire ma prière et j'y suis rarement seul.... ».


Retour...